Mis à jour le 29 mai 2026 · ~5 min de lecture
Lorsque les températures restent sous les normales à la fin mai et au début juin, l’activité de l’ours noir peut ralentir de façon marquée. Cela ne veut pas nécessairement dire que les ours ne sont pas sortis de leur tanière. Leur comportement dépend surtout de la température, de la nourriture naturelle disponible et de leur besoin d’économiser de l’énergie après l’hibernation.
Un printemps froid change le comportement de l’ours
Chaque printemps, plusieurs chasseurs à l’ours remarquent des différences importantes dans l’activité des animaux. Certaines années, les appâts se font visiter rapidement et régulièrement. D’autres années, malgré la présence confirmée d’ours dans le secteur, l’activité demeure beaucoup plus lente.
Lorsque les températures restent sous les normales saisonnières à la fin mai et au début juin, le comportement de l’ours noir change considérablement. Contrairement à ce que plusieurs pensent, cela ne signifie pas nécessairement que les ours ne sont pas sortis de leur tanière.
Le comportement de l’ours noir est directement influencé par les conditions du milieu : la température, la disponibilité de nourriture naturelle, la dépense énergétique et l’état physique de l’animal après l’hibernation. Ce n’est pas la date au calendrier qui détermine son niveau d’activité.
La sortie de tanière ne signifie pas un appétit maximal
Au printemps, plusieurs chasseurs parlent du fameux « bouchon » que l’ours expulse après sa sortie de tanière. Bien que ce phénomène soit réel, il ne faut pas croire que l’ours retrouve automatiquement un appétit maximal dès ce moment.
Après plusieurs mois d’hibernation, son système digestif redémarre progressivement. Durant les premiers jours, l’ours peut :
- se réhydrater;
- recommencer à se déplacer;
- manger en petites quantités;
- limiter ses dépenses énergétiques.
Dans un printemps chaud, cette transition peut être relativement rapide. Mais lorsque le froid persiste, tout le processus ralentit.
Le froid force l’ours à économiser son énergie
À la sortie de l’hiver, les réserves de gras de l’ours sont déjà fortement diminuées. Si les températures demeurent froides, chaque déplacement demande davantage d’énergie.
Biologiquement, l’ours cherche donc à limiter les dépenses inutiles. Ce comportement peut se traduire par :
- des déplacements plus courts;
- une activité moins régulière;
- des visites rapides aux appâts;
- des périodes d’absence de plusieurs jours;
- une alimentation moins agressive.
Plusieurs chasseurs croient alors que les ours ont quitté le secteur. En réalité, ils sont souvent simplement en mode d’économie énergétique.
La nourriture naturelle joue un rôle majeur
Le facteur le plus important demeure souvent la disponibilité de nourriture naturelle.
Au printemps, l’ours dépend beaucoup des aliments faciles à digérer, riches en eau et disponibles tôt en saison, comme :
- les jeunes pousses vertes;
- les bourgeons;
- les graminées;
- les trèfles;
- les pissenlits;
- d’autres végétaux tendres.
Quand les températures sont froides, les feuilles tardent à sortir, les bourgeons ouvrent lentement, la végétation démarre plus tard et les insectes émergent plus lentement.
Résultat : l’ours demeure souvent dans une phase intermédiaire. Il mange, mais sans atteindre encore son rythme alimentaire maximal.
Pourquoi les gros mâles apparaissent souvent plus tard
Lors des printemps tardifs, plusieurs chasseurs observent surtout de petits ou moyens ours sur leurs sites d’appâtage.
Les gros mâles dominants deviennent souvent vraiment actifs seulement lorsque :
- les températures augmentent;
- la végétation explose;
- les conditions énergétiques deviennent plus favorables.
Un gros ours doit consommer beaucoup de calories. Tant que le milieu ne lui offre pas des conditions optimales, il peut demeurer plus discret et moins mobile.
C’est pourquoi certains gros mâles apparaissent parfois soudainement après quelques journées plus chaudes.
Les hausses de température peuvent tout changer
Un phénomène souvent observé sur le terrain est l’augmentation rapide de l’activité après une période de réchauffement.
Après plusieurs journées froides, quelques journées chaudes peuvent provoquer :
- une augmentation importante des déplacements;
- une consommation plus élevée aux appâts;
- davantage de marquage;
- une activité accrue des gros mâles.
Parfois, en seulement quelques jours, l’activité peut complètement changer. C’est pourquoi il faut éviter de juger trop rapidement une saison simplement parce que les premières semaines semblent lentes.
Un comportement parfaitement normal
Lorsqu’un printemps est plus froid que la normale, il est fréquent d’observer :
- une activité retardée;
- des visites irrégulières;
- moins de consommation;
- des ours plus prudents;
- des déplacements plus limités.
Cela ne signifie pas nécessairement que la saison sera mauvaise. Dans plusieurs cas, les ours suivent simplement le rythme naturel imposé par les conditions environnementales.
L’ours noir demeure un animal très efficace pour gérer son énergie. Lorsque les conditions sont difficiles, il adapte son comportement afin de maximiser chaque calorie consommée.
FAQ — Questions fréquentes
Est-ce qu’un ours peut être sorti depuis longtemps sans manger beaucoup?
Oui. Après l’hibernation, l’appétit revient progressivement. Dans un printemps froid, cette période peut être plus longue.
Pourquoi les ours visitent-ils les appâts de façon irrégulière?
Le froid et le manque de nourriture naturelle peuvent pousser les ours à limiter leurs déplacements afin d’économiser leur énergie.
Les gros mâles sortent-ils plus tard?
Souvent oui. Les gros mâles deviennent généralement plus actifs lorsque les températures augmentent et que les conditions alimentaires s’améliorent.
Une hausse de température peut-elle changer rapidement l’activité?
Oui. Quelques journées chaudes peuvent provoquer une augmentation importante des déplacements, de la consommation et de l’activité générale.
Est-ce normal d’avoir peu d’activité à la fin mai?
Lors d’un printemps tardif, c’est un comportement fréquent et biologiquement normal chez l’ours noir.
Conclusion
Un printemps froid à la fin mai ou au début juin peut ralentir l’activité des ours, retarder leur appétit maximal et rendre leurs visites aux appâts plus irrégulières. Ce comportement n’est pas anormal : il reflète simplement l’adaptation de l’ours noir aux conditions du milieu.
Dès que la chaleur s’installe et que la végétation démarre réellement, l’activité peut changer rapidement. Pour le chasseur, la patience et l’observation demeurent donc essentielles.

